Love is what you want

Master Thesis by Diane Rivoire

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Depuis la naissance de la culture de masse, le fan a constitué un sujet inépuisable de moquerie. On lui a reproché sa naïveté, on a parodié son fétichisme, on l’a dépeint comme une figure de l’aliénation, des critiques similaires à celles que l’on a adressées aux femmes lorsqu’elles étaient en position de consommer des objets culturels : les lectrices de romans au XIXème siècle sous influence, les groupies hurlant leur désir au premier rang dans les concerts de rock, les spectatrices de cinéma amourachées des héros occupant tout l’espace à l’écran, les étudiantes en école d’art qui ne dépassent-pas-le-stade-de-l’admiration, les jeunes filles théorisées sous tous les angles, vierges, marchandes et marchandisées, toutes ces femmes ont été systématiquement convoquées à leur procès pour bovarysme, et considérées avec dédain.

La convergence entre ces deux objets de mépris, la femme, le fan, constitue le point de départ du texte de Diane Rivoire. Et comme Chris Kraus dans I Love Dick, elle renvoie la condescendance à l’envoyeur. À travers un montage de textes, d’interviews d’artistes, d’auteurs, d’autrices, elle trace des liens entre l’art, l’amour et l’amitié, l’amour de l’art et l’amitié au travail. Certains passages sont empruntés et subtilement réactualisés, d’autres sont des écrits personnels inspirés d’expériences vécues. Les conversations dans lesquelles elle s’engage, chapitre après chapitre, sont à l’opposé de l’image de passivité que l’on associe conventionnellement à la posture de celle qui admire. Et ce panorama de figures bavardes et aimées, de près ou de loin, constitue le point de départ d’un processus de production de soi en tant qu’artiste, une véritable leçon d’appropriation.

Jill Gasparina

 

Love is what you want, Master Thesis, Diane Rivoire, 2020