Jussi Parikka – Certaines personnes disent ne pas s’inquiéter de l’air

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Cette présentation parle de l’air et du manque d’air. L’air est plein d’azote, d’oxygène, de lumière, de nuages, de vent, de pollution, d’ondes radio, d’avions, de satellites, de signaux, de poussière, d’oiseaux et plus encore.

La solidité du récit sur l’Anthropocène en tant que période géologique fait place aux diverses qualités dynamiques d’autres éléments tels que les liquides et les températures. La dimension culturelle et médiatique de l’Anthropocène change lorsqu’on l’envisage sous le prisme du troisième de ces trois éléments – qui sont bien sûr tous plus complexes au niveau de leur composition chimique réelle, sans parler de leurs effets sur les poumons et le reste du corps humain. La solidité géologique de l’Anthropocène fait place à quelque chose que la philosophe Luce Irigaray expliquait déjà: chez Martin Heidegger et de nombreux autres qui, ensemble, forment l’épine dorsale infrastructurelle d’une grande partie de la philosophie contemporaine, l’air fait figure d’impensable philosophique. Ou alors, d’une manière un peu plus directe, prenez ces paroles des Talking Heads:

What is happening to my skin?
Where is that protection that I needed?
Air can hurt you too
Air can hurt you too
Some people say not to worry about the air
Some people never had experience with…

Sans vouloir la considérer comme une note traitant du changement climatique anthropique et de la pollution de l’air, la chanson « Air » des Talking Heads (tirée de l’album Fear of Music, 1979) a toutefois le mérite de donner le ton. Cette conférence abordera la question de l’air et de sa pollution, ainsi que les différents contextes politiques, médiatiques, théoriques et matériels dans lesquels elle s’inscrit.